Une foule de trois personnes a manifesté ce jour contre les violences policières devant la gendarmerie de La Roche-sur-Yon. Sans doute affolés par cette affluence, les pandores ont préféré rester sagement dans leur poulailler mais je dois dire, pour être honnête, que c'était à l’heure du goûter. Dans un long discours face à la rue déserte, les trois manifestants ont pris tour à tour la parole pour exprimer leur grande colère et leur profond désaccord avec le refus du gouvernement d'interdire les si décriés flashball LBD 40 ainsi que les grenades de désencerclement.
Ils ont d'abord fait remarqué que leur effectif à l'arrivée équivalait, à trois zéros près, à celui cité par Pierre Corneille dans son célèbre duo d’alexandrins – Nous partîmes cinq cents mais par un prompt renfort, nous nous vîmes trois mille en arrivant au port – non sans préciser que La Roche-sur-Yon n'ayant pas de port, cette comparaison semblait un peu douteuse.
Ils ont ensuite expliqué aux journalistes absents qu’ils les eussent volontiers autorisés, pour ne pas dire encouragés, à faire crépiter leur flash si bien sûr ils étaient venus, lesquels évidemment leur eussent répondu qu’il eût fallu pour cela qu’ils eussent été prévenus.
Ils ont enfin et très solennellement brandi, à bout de bras, leur magnifique banderole tandis que le soleil choisissait de se coucher avant l’heure indiquée sur le calendrier, pour signifier au monde entier son indignation courroucée face à ces gouvernants qui préfèrent fabriquer, vendre et utiliser des armes plutôt que retrousser leurs manches pour tenter de sauver notre terre moribonde.